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Jeûne de Tevet

 

Le jeûne du 10 Tevet se rapporte à la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor, roi de Babylone, en 586 avant l'ère courante [12].

 

A cette époque, il y avait déjà des juifs à Babylone, et leur comportement était écarté de la Torah. Aussi le prophète Yirmiah (Jérémie) les avait mis en garde en annonçant que si le peuple d'Israël ne se repentait pas, le Temple de Jérusalem serait détruit et les Juifs seraient dispersés en exil.

 

Les juifs de Bavel ne le crurent pas. Aussi, le jour où Nabuchodonosor assiégea Jérusalem le 10 Tevet, D.ieu vint en songe au prophète Yehhezkiel (Ezéchiel) et lui relata les événements de la journée, afin qu'il les annonce au peuple et que chacun reconnaisse son erreur.

Dieu dit à Yehhezkiel de noter ce jour [13] pour que tous se souviennent d'écouter la parole de Ses messagers.

 

Le 10 Tevet est un jour de jeûne [14] parce qu'il marque le début des malheurs du peuple juif, le premier d'un enchaînement d'événements qui aboutirent à la desctruction de Jérusalem et du Premier Temple, et à l'exil de la nation d'Israël, à cause de l'entêtement du Peuple à se mal comporter vis-à-vis du Créateur, et ne pas écouter les paroles de Ses prophètes.

 

 

Pour approfondir

 

Pourquoi certaines années civiles ne comportent pas le 10 Tevet, d'autres en ont deux ?

Le mois de Tevet, quatrième mois après le Nouvel An, correspond à l'époque décembre-janvier.

Or, certaines années du calendrier juif (environ une sur trois) sont embolismiques et comptent 13 mois. Si le 10 Tevet d'une année embolismique survient en décembre, l'occurrence suivante du 10 Tevet arrive 13 mois plus tard, c'est à dire en janvier en ayant sauté un numéro d'année civile !

 

Au contraire, l'année juive régulière, à 12 mois, dure moins de jours que l'année solaire, civile. Si le 10 Tevet survient vers le début du mois de janvier, l'ajout d'une année juive régulière nous emmène environ 354 jours plus loin, c'est à dire vers la fin décembre de cette même année civile.

 

Mais, bien sûr, chaque année juive a son 10 Tevet !

 

Le 10 Tevet peut-il tomber un Shabbat ? (remerciements à M. Benjamin Bitton)

Le nombre de jours qui séparent un 10 Tevet du Rosh haShana suivant, est fixe, puisqu'il s'agit des mois de Tevet, Shvat, Adar, éventuellement Adar 2, Nissan, Iyar, Sivan, Tamouz, Av et Eloul.

Ces mois sont de longueur fixe. La durée entre le 10 Tevet et le 1er Tishri suivant est donc soit de 256 jours, pour une année simple, soit de 286 jours, s'il s'agit d'une année mé'oubérêt.

 

Ainsi, au cours d'une année simple, un 10 Tevet le Shabbat correspondrait au prochain Rosh haShana le mercredi ; pour une année embolisique, cela correspondrait au prochain Rosh Hashana le vendredi.

Ces deux situations pour Rosh haShana sont impossible, et par conséquent, le 10 Tevet ne tombe jamais le Shabbat.

Quelle est l'importance du jeûne du 10 Tevet ?

 

Le Talmud[87] rapporte que la Shékhina (Gloire Divine), dont la présence pouvait se percevoir dans le Saint-des-saints au cœur du Temple, s'est progressivement retirée du milieu du Peuple en raison de ses mauvais comportements. Rabbi Yohhanan énumère les dix étapes de cet éloignement, depuis le Kodesh-haKodashim vers l'extérieur du Temple puis de la ville de Jérusalem, puis vers le Mont des Oliviers, jusqu'au désert, pour finir par le départ complet de la Shekhina vers les cieux. Le Sage raconte que six mois ce sont écoulés entre le départ de la Présence Divine de la Ville vers Mont des Oliviers, puis du Mont vers le désert ; c'est à dire que, une fois parvenue au Mont, la Shekhina a encore patienté six mois dans l'attente de la Téchouva (repentir) du Peuple, avant de poursuivre Son retrait vers l'éloignement suivant, le désert.

 

Le Maharsha (Rabbi Shmuel Eliezer Edeles, Pologne, 1555-1631) considère que ces six mois sont ceux entre le 10 Tevet de l'année du siège de Jérusalem par Nabuchodonosor, et le 9 Tamouz, date de la première brèche dans la Muraille de Jérusalem[88]. Pourtant, le texte dit que la brèche fut percée l'année qui a suivi le début du siège, soit le 9 Tamouz dix-huit mois plus tard. Mais le Maharsha met en rapport cette brèche du 9 Tamouz avec le départ de Shékhina le 9 Tamouz un an plus tôt jour pour jour : l'année supplémentaire correspond aux difficultés rencontrées par l'ennemi lors de la prise de Jérusalem, mais la cause du drame est très clairement le mauvais comportement du Peuple juif, qui a contraint la Présence Divine à s'éloigner.

 

 

Références   

 

12 :      Rois II, XXV:1

« Il arriva que dans la neuvième année de son reigne, le dixième mois, le dixième jour du mois, Nabuchodonosor, roi de Babylone, vint avec toutes ses troupes sur Jérusalem [...]»

 

13 :      Ezechiel XXIV, 1

« Et dans la neuviéme année, le dixième mois, le dixième jour du mois, la parole de D-ieu vint sur moi en ces termes : “Fils de l'homme, inscris le nom du jour, de ce jour-ci ; le roi de Babylone a étendu un siège sur Jérusalem ce jour” [...]»

 

14 :      Zacharie VIII, 19

« 19Ainsi parle l'Eternel-Cebaot: Le jeûne du quatrième mois et le jeûne du cinquième, le jeûne du septième et le jeûne du dixième mois seront changés pour la maison de Juda en joie et en allégresse et en fêtes solennelles. Mais chérissez la vérité et la paix ! »

 

87 :      Rosh Hashana 31a

 

88 :      Jérémie LII, 1-7

« 1Sédécias avait vingt-et-un ans lors de son avènement, et il règna onze ans à Jérusalem ; le nom de sa mère était Hamoutal, fille de Jérémie de Libna. 2Il fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, tout comme avait agi Joïakim. 3C'est ainsi que la colère de Dieu se manifesta contre Jérusalem et Juda, jusqu'à ce qu'il les eût rejetés de devant sa face. Or, Sédécias entra en révolte contre le roi de Babylone. 4Alors, dans la neuvième année de son règne, le dixième mois et le dixième jour du mois, Nabuchodonosor, roi de Babylone, marcha avec toute son armée contre Jérusalem ; ils campèrent sous ses murs et élevèrent des retranchements sur toute son enceinte. 5La ville subit le siège jusqu'à la onzième année du règne de Sédécias. 6Le quatrième mois, le neuvième jour du mois, la famine sévit dans la ville et les gens du peuple manquèrent de pain. 7Alors la ville fut ouverte par une brèche. Aussitôt tous les gens de guerre s'enfuirent en quittant la ville nuitamment par la porte du double rempart, attenante au parc du roi, tandis que les Chaldéens cernaient la ville, et ils prirent la direction de la Plaine. »

 

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